Bien-être

Divorce du sommeil : pourquoi près d’un couple sur trois fait chambre à part, et ce que dit Wendy Troxel

Publié par Maëlle Keravel · 01 octobre 2026

Divorce du sommeil : pourquoi près d’un couple sur trois fait chambre à part, et ce que dit Wendy Troxel

Votre partenaire ronfle ou bouge, ou vous lisez au lit quand il veut éteindre : vos nuits en pâtissent. Faire chambre à part n’est pas un aveu d’échec : selon une étude de l’Académie américaine de médecine du sommeil, près d’un couple sur trois le pratique, au moins parfois. Pourquoi cette habitude séduit, et ce qu’elle change vraiment.

En bref

Le chiffre clé : Près d’un couple sur trois, Part des couples qui dorment en chambres séparées, parfois ou en permanence.

Près d’un couple sur trois dort déjà dans des chambres séparées

Le « divorce du sommeil » n’a de divorce que le nom. L’expression désigne des partenaires qui dorment dans deux chambres, en permanence ou seulement certaines nuits. D’après une étude récente de l’Académie américaine de médecine du sommeil, cela concerne près d’un couple sur trois. Cameron Diaz et Benji Madden figurent parmi les adeptes cités.

Le premier réflexe consiste à y voir une relation en crise. Le calcul ne tient pourtant pas : si un tiers des couples allait mal, ce serait presque une catastrophe sociale. Mieux vaut chercher les raisons ailleurs, du côté de la nuit elle-même.

Ronflements, lumière allumée, sommeil agité : des raisons très concrètes

Dormir côte à côte, l’idée est romantique. Mais qui n’a jamais levé les yeux au ciel en se réveillant à cause d’un ronflement ou d’un coude dans les côtes ? Ou parce que vous lisez au lit pendant que l’autre rêve d’éteindre ? Un effort ponctuel passe. Quand la situation se répète, chaque nuit devient un petit bras de fer.

Les motifs avancés sont d’abord pratiques :

Autre point : ce sont surtout les millennials qui prennent cette décision. Wendy Troxel, chercheuse en sciences du comportement à la RAND Corporation, y voit une prise de conscience : un sommeil sain est une condition de la santé, de la performance et d’une longue vie. Cela ne se résume ni à une routine matinale en 17 étapes ni à un patch nasal.

Dormir mal use les nerfs, et le couple en paie le prix

Le sommeil n’est pas un simple confort. Wendy Troxel, autrice de Sharing the Covers: Every Couple’s Guide to Better Sleep, résume l’enjeu :

« Le manque de sommeil augmente le risque de dépression, de maladies cardiovasculaires et de diabète. Parallèlement, il entraîne des difficultés de concentration, nous rend impatients et nous rend plus réactifs sur le plan émotionnel. »

Wendy Troxel, chercheuse à la RAND Corporation, citée par AD

Traduction pour vos soirées : plus vous dormez mal, plus vous êtes à fleur de peau. Cela pèse sur votre façon de communiquer et sur le sentiment de connexion avec l’autre.

Ingo Fietze, spécialiste en médecine du sommeil, replace le sujet dans la prévention. Pour lui, l’alimentation, l’activité physique et le sommeil sont trois piliers de la santé. Et il en tire une logique simple : « Tout comme on accepte, au sein d’un couple, que chacun ait un mode de vie ou des habitudes alimentaires différents, il devrait en être de même pour le sommeil. »

Le lit partagé est une norme récente, la chambre redevient un lieu de repos

Dormir ensemble n’a pas toujours été la règle. Au Moyen Âge, et encore à l’époque de la Régence, il était courant que les couples mariés de la haute société disposent chacun de leur propre espace pour dormir. Les fans de La Chronique des Bridgerton le savent bien.

La chambre moderne, elle, cumule les rôles : lieu de retraite, dressing, espace d’intimité. Elle tend aujourd’hui à se recentrer sur sa fonction première, le sommeil réparateur. Les plans de maison suivent le mouvement. Wendy Troxel observe que les « dual main bedrooms », deux chambres principales équivalentes, deviennent de plus en plus courantes dans les grandes maisons.

Lit commun ou chambres séparées : aucun des deux ne prouve que le couple va bien

Personne ne plaide pour les chambres séparées à tout prix : il est établi que dormir dans un lit partagé procure un sentiment de protection et de sécurité. Mais le lit commun ne garantit pas une relation heureuse, et deux chambres ne prouvent pas un désamour. Pour Wendy Troxel, ce peut être une décision consciente et bienveillante, qui consiste à prendre soin de soi et, au bout du compte, de l’autre.

OptionCe qu’elle apporteCe qu’elle ne prouve pas
Lit partagéUn sentiment de protection et de sécuritéQue la relation est heureuse
Chambres séparéesUn sommeil plus réparateur, sans ronflements ni lumière gênanteQue le couple ne s’aime plus

La question que pose la chercheuse est la bonne : quel aménagement permet de rester proches et affectueux tout en profitant du sommeil réparateur dont chacun a besoin ? Sa conviction : « un couple qui dort bien est un meilleur couple ». Et rien n’impose le tout ou rien, puisque la formule peut être occasionnelle.

Vos questions

Faire chambre à part, est-ce le signe que le couple va mal ?

Non, pas forcément. Wendy Troxel y voit plutôt une décision consciente et bienveillante, qui vise à prendre soin de soi et de l’autre. Dormir dans le même lit ne garantit d’ailleurs pas non plus une relation heureuse.

Pourquoi les couples choisissent-ils de dormir séparément ?

Les raisons sont surtout pratiques : ronflements, rythmes de sommeil différents, sommeil agité ou besoins différents. Ce sont surtout les millennials qui prennent cette décision, selon les éléments rapportés.

Quels sont les risques d’un sommeil de mauvaise qualité ?

Selon Wendy Troxel, le manque de sommeil augmente le risque de dépression, de maladies cardiovasculaires et de diabète. Il entraîne aussi des difficultés de concentration, de l’impatience et une plus grande réactivité émotionnelle. Cela se ressent dans la communication du couple et dans le sentiment de connexion.

Sources : admagazine.fr.